Les populations montagnardes ont toujours pratiqué un artisanat ou une petite industrie fondée sur les produits locaux : bois et corne, minerai de fer, argent, cuivre, ardoise, pierre de taille. La vie a longtemps été celle d’un monde autarcique au rythme saisonnier bien marqué où l’hiver donnait aux populations locales la possibilité de parfaire leur savoir-fabriquer pour vendre ensuite leur production aux visiteurs de passage une fois l’été revenu.
Aujourd’hui, l’artisanat reste très présent au cœur de nos montagnes. Sculpteurs sur bois, sculpteurs de glace, ardoisiers, fondeurs de cloche, fabricants d’horloges, potiers, lapidaires ou autres tailleurs de pierre nous font partager leurs passions et leur amour du travail manuel afin de perpétuer une tradition séculaire.
Le travail du bois : l’expression la plus largement reconnue de ce savoir faire est le bon vieux chalet. Tout un emblème ! Construit en sapin avec le plus souvent un soubassement de maçonnerie, il abritait famille et animaux sous un seul et même toit, avec le foin entreposé le plus souvent à l’étage. Parfois, afin de gagner en chaleur, des annexes étaient construites autour de la maison d’habitation. Le bois constitue le matériau à tout faire. Il permet de se chauffer, de construire meubles et outils indispensables à la vie montagnarde. Aujourd’hui, les jouets représentent le gros de la production, sans oublier toutefois des articles de niche comme le fameux couteau opinel ainsi que des articles domestiques et de cuisine.
La transformation de la corne : la corne provenant du bétail élevé localement est surtout travaillée dans le Jura où elle a donné naissance à une industrie consacrée à la lunetterie.
Forges et fonderies : le travail du fer présent dans le sous sol a permis la création d’une industrie horlogère dans le Jura . Les clochettes, clarines, sonnettes ou « s’nailles » sont encore fabriquées de façon artisanale dans une fonderie à Chamonix. Elles ornent le cou des vaches, chèvres et moutons l’été. Elles sont indispensables pour signaler la position des troupeaux dispersés dans les alpages. L’hiver, elles ornent les granges en signe de fierté.
La taille de la pierre : la tradition de la pierre a marqué la vallée du Haut-Giffre (Alpes du Nord) qui regorge de carrières fournissant un calcaire d’une grande dureté. Pour compléter leurs revenus issus de l’agriculture, les hommes de la région travaillaient la pierre, réalisant de superbes sculptures dont la réputation s’étendait bien au-delà des sommets environnants. L’Auvergne valorise elle aussi une pierre crachée par ses anciens volcans : la pierre de lave. Plusieurs artisans et créateurs se sont ainsi installés le long de la chaîne des puys pour travailler ce matériau noble arraché à la carrière de lave. C’est une pierre grise, aux qualités spécifiques, idéale à tailler, sculpter, graver ou encore émailler.
L’ardoiserie : plusieurs ardoisières ont été exploitées depuis le Moyen Age en Maurienne et en Tarentaise. L’ardoise a surtout été utilisée pour la couverture de bâtiments de prestige (châteaux, églises, maisons bourgeoises) car sa pose restait coûteuse. De couleur grise ou noir brillant, sa qualité est irréprochable.
La coutellerie : Si le couteau « Opinel » est un pur savoyard, les Pyrénées ne sont pas en reste avec leur couteau pliant de berger ariégeois. Muni d’un simple rivet et sans ressort, il constitue malgré sa grande simplicité une tradition pyrénéenne toujours bien vivante...
Les grottes de glace : une équipe de « tailleurs de glace » vous convie à une visite insolite au coeur d’un glacier où sont exposés des ouvrages spectaculaires. . Le succès aidant, ces ingénieux entrepreneurs sont maintenant entourés d’une véritable équipe d’artistes qui inventent des grottes « spectacles » au sommet des domaines skiables de 5 stations : Serre-Chevalier, les Deux –Alpes, l’Alpe d’Huez, et Les Arcs). Certaines restent même en place en été, à La Plagne et Tignes par exemple. Car les grottes de glace accueillent aujourd’hui près de 100.000 visiteurs par an.
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